Femmes en chansons
  Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques actuelles
Hall de la Chanson
 Spécial journée des femmes - Femmes en chansons

Mistinguett   Mistinguett


(Jeanne Bourgeois) (1873-1956) - Interprète

Née à Enghien, dans une famille de petits artisans, elle se produit dans les cafés de sa ville, avant de suivre une troupe de cirque. Elle débute au Petit-Casino et au Trianon Concert, puis reste de 1897 à 1907 à l'Eldorado où elle participe à quelques tableaux dans les opérettes-sketches que programme la salle en deuxième partie de soirée. Après s'être essayée au théâtre, elle joue en particulier dans une pièce de Georges Feydeau, elle est engagée au Moulin-Rouge en 1909 pour participer à une revue dont la vedette est Max Dearly. Ils interprètent ensemble "La Valse chaloupée", une danse à la violence suggestive qui mime les rapports d'une fille et de son souteneur. Le triomphe de ce tableau assure une renommée immédiate à Mistinguett. En 1910, elle est engagée aux Folies-Bergère comme meneuse de revue. Mistinguett, qui enchaîne les revues aux Folies-Bergère ou à l'Alcazar d'Eté, tourne dans des films presque sans interruption de 1908 à 1917. Elle tient en particulier le rôle d'Eponine dans "Les Misérables" d'Albert Capelloni (1912), et fait la vedette dans deux épisodes de "Mistinguett Détective" (1917). En 1917, elle crée la revue "Pa-ri-ki-ri" puis "Laissez-les tomber" au Casino de Paris, la salle qui, sous l'égide d' Henri Varna, inaugure avec Gaby Deslys la mode des revues somptueuses et extravagantes. Toujours au Casino de Paris, elle mène "Paris qui jazz" en 1920, une revue pour laquelle Albert Willemetz et Maurice Yvain lui écrivent "J'en ai marre", "En douce" et "La Java". Les mêmes auteurs signent pour elle "Mon homme" : un tel succès que Francis Carco, dont la pièce de théâtre du même nom se joue au même moment, doit incorporer la chanson dans la représentation. Au sommet de sa popularité, Mistinguett est alors l'invitée obligée de toutes les inaugurations officielles. La presse se délecte de ses photos, de ses aventures ou de ses réparties à l'emporte-pièce. Ses succès, "C'est jeune et ça ne sait pas" (1923), "La Belote" (1925) ou "On m'suit" (1928), atteignent des records de vente en petits formats. "J'en ai marre" et "Valencia" (un paso-doble de José Padilla, 1926) dépassent les trois millions d'exemplaires. Succès réédité avec "Ça c'est Paris", tiré de la revue du même nom au Casino de Paris en 1926, ou avec "Je cherche un millionnaire". Pour son public, Mistinguett incarne le music-hall, tout autant qu'elle personnifie la Parisienne. Elle n'est pourtant qu'une piètre chanteuse, comme elle l'affirme en 1933, dans sa chanson-portrait "C'est vrai" ("on dit que j'ai la voix qui traîne... c'est vrai"). Pour elle, l'essentiel reste la scène (elle n'a jamais utilisé de micro), où elle fait preuve d'un abattage, d'une spontanéité, d'une gouaille et d'une énergie qui ravissent les spectateurs et surtout où elle montre ses jambes. Des gambettes légendaires, à la fois outils de scène et image de marque qui, dès les années 1920 sont assurées à la Lloyds pour 500.000 francs : un enjeu qui contraint la compagnie d'assurance à dépêcher un inspecteur à chaque spectacle de la Miss. Travailleuse acharnée, Mistinguett ne quitte jamais l'affiche pour bien longtemps, entre les tournées (aux Amériques en 1924 et 1939) et les revues (entre autres, aux Folies-Bergère en 1934 avec Fernandel, ou au Casino de Paris en 1941 et en 1945 pour "Paris reviens"). En 1948 et 1949, elle se produit encore sur scène pour participer à une revue à l'ABC : elle a 75 ans et danse le be-bop.

Ecoutez l'extrait :

Mistinguett - " Mon homme "

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