
Dans cette chanson traditionnelle du Languedoc, le mariage est dépeint tel qu’il était sous l’Ancien Régime : un contrat social par lequel les jeunes filles passent de la dépendance de leurs parents à la dépendance économique et morale de leurs maris. L'avant et l'après mariage y sont décrits comme deux états radicalement opposés : la jeune fille, auparavant insouciante, est ensuite réduite à servir son mari qui a toute autorité sur elle. Les femmes chantent en berçant leurs enfants, en accomplissant les tâches ménagères, en tissant et en filant. Reflets de leurs déceptions, ces chansons (appelées maumariées) décrivent souvent les maris tyranniques, les mariages arrangés, les maternités à répétition. Les femmes y parlent donc librement, mais craignant les représailles des hommes, elles s'efforcent de garder certaines de ces chansons secrètes. Il faut attendre le milieu du XIXè siècle puis 1970, avec l'apparition des mouvements féministes, pour connaître plus en détail leur quotidien.
Ecoutez l'extrait :
Francis Lemarque - " Filles qui êtes à marier " |