
Chanteur de rue avant la Première Guerre mondiale, Ferdinand-Louis Benech s'associe avec Ernest Dumont pour écrire son propre répertoire. Très vite, son catalogue, où prédomine le drame vécu, s'enrichit de dizaines de titres aux styles fort différents. En 1913, il confie "Maman est une étoile" à Paul Dalbret. Habitué de la Gaîté Rochechouart et du Concert Européen, celui-ci l'impose au public de café-concert. Le texte met en avant l’image de la mère absente, car comédienne, plus prompte à recueillir les faveurs du public qu’à s’occuper de son enfant. Mélodramatique à souhait (un jeune garçon agonise sur un lit d'hôpital en revoyant sa maman qui l'a délaissé jusque-là), cette goualante (complainte populaire) au canevas immuable s'inscrit dans une veine populiste qui incitera ses auteurs à créer leur maison d'édition dans les années 1920. Une entreprise doublée d'un véritable réseau de chanteurs, de musiciens ambulants chargés de colporter à travers tout le pays près de 300 chansons dont plusieurs ("L'Hirondelle du faubourg", "Riquita", "La Femme aux bijoux", "Nuits de Chine"...) deviendront des classiques du genre.
Ecoutez l'extrait :
Berthe Delny - " Maman
est une étoile " |