
"C'est la femme aux bijoux, celle qui rend fou : c'est une enjôleuse"... Les mots flottent dans les mémoires, au-delà des générations, au-delà des modes. Ils font quasiment partie de notre inconscient collectif. Ce que certains appellent le folklore. Le nom de leurs auteurs est souvent oublié tant il est vrai que "La Femme aux bijoux" est un peu la propriété de tous. L'anonymat, paradoxalement, constitue la consécration suprême pour les paroliers et compositeurs patentés qui à l'image de Ferdinand-Louis Bénech et d'Ernest Dumont sont masqués par des oeuvres à l'aura populaire. Et pourtant cette chanson mélodramatique, qui dépeint une femme fatale de l’époque, lancée en 1912 fut tout d'abord marquée par son créateur Dona qui, à la même époque, interprète "L'Hirondelle du faubourg", autre épisode de la saga dramatique imaginée par Bénech et Dumont. Reprise rapidement par de nombreux artistes, elle est enregistrée peu avant la guerre par Marcelly sur disque Pathé. Comme Emile Erckman et Alexandre Chatrian (duo d'écrivains de la deuxième moitié du XIX ème siècle) pour la littérature, Ferdinand-Louis Bénech et Ernest Dumont ont perdu, avec le temps, leur propre personnalité. L'association de leurs noms est devenue une entité de l'histoire de la chanson faubourienne.
Ecoutez l'extrait :
Marcelly - " La
femme aux bijoux " (1920) |