Moulin Rouge

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

Emplacement

Moulin Rouge
82 boulevard de Clichy, Paris 18e
France

En 1889, sur l'emplacement d'un ancien bal à l'abandon, est érigé le bal du Moulin Rouge. Il s'agit d'une vaste salle avec orchestre et galeries. La salle est adjacente à un jardin comprenant des tables et une scène en plein air pour les spectacles de café-concert et les attractions dont le clou est un immense éléphant creux dans lequel se produisent des danseuses orientales.

Le succès pousse le directeur, Joseph Oller, à aménager une seconde salle à l'intérieur, où se donnent de petites revues : Max Dearly et Yvette Guilbert s'y sont produits. Mais la réputation du Moulin Rouge vient surtout, en dehors d'un fameux pétomane, des danseuses professionnelles qui animent la piste de bal, prêtes à toutes les excentricités et levant haut la jambe pour le french-cancan. Immortalisées sur les affiches de Toulouse-Lautrec, elles se nomment La Goulue, Nini Pattes-en-l'air, Grille d'Egout, La Môme Fromage, Jane Avril ou Rayon d'Or. On y admire aussi Valentin le Désossé, contorsionniste et danseur acrobatique. Quelques condamnations en justice, car les femmes s'y montrent parfois fort peu vêtues, rehaussent encore le prestige du Moulin Rouge.

Au début du XXe siècle, pour accompagner le changement des goûts du public, le Moulin Rouge est entièrement refait. Il reste bien un bal au sous-sol mais la salle, avec une grande scène, une décoration luxueuse et une galerie où l'on peut dîner pendant les représentations, se consacre désormais à la revue. On y voit Louis Boucot, Sulbac, Gaby Deslys, ou Max Dearly et Mistinguett, qui y créent "La Valse chaloupée". Pourtant les affaires périclitent. Les changements de direction, les réaménagements intérieurs, les faillites en série et finalement un incendie, le 27 février 1915 précipitent la fermeture. Des travaux de réouverture sont entrepris en 1921.  

Francis Salabert prend les commandes du Moulin Rouge. Il confie à Jacques-Charles, le plus célèbres des revuistes de l'époque le soin de redorer le blason de l'établissement. En 1924, le music-hall renoue avec le succès. Rejoint par Mistinguett en 1925, Jacques-Charles y applique la recette des revues à grand spectacle qu'il a inventée au Casino de Paris. Ensemble, ils montent trois grandes revues : « la Revue Mistinguett » (1925), « Ça, c’est Paris » (1926) et « Paris qui tourne » (1928). Mistinguett y crée nombre de ses succès : « Valencia », « Ça, c’est Paris », « Il m’a vue nue », « On m’suit »... Après le départ de Jacques-Charles en 1929, le Moulin Rouge devient presque exclusivement un cinéma. Quelques spectacles y sont occasionnellement présentés : Ray Ventura et ses Collégiens en 1937, une petite revue avec Mistinguett en 1939, un tour de chant d'Edith Piaf en 1944 avec, en première partie, Yves Montand.

Le Moulin Rouge est rendu au music-hall, après d'autres travaux, en 1951. On y instaure la formule dîner-spectacle. Des artistes viennent parfois y donner un tour de chant comme Charles Trenet, Line Renaud, Charles Aznavour ou Jacqueline François. A Partir de 1963, les revues reprennent, montées autour de la troupe de danseuses maison, les Doriss Girls. Henri Betti compose la musique des six revues présentés entre 1967 et 1987. 

Ce lieu mythique de la nuit parisienne continue d'accueillir de temps en temps des évènements exceptionnels : show Liza Minelli le 4 février 1982, gala de Dean Martin le 3 juillet 1984, gala de Frank Sinatra le 25 septembre 1984... Pour son centenaire, le 6 octobre 1989,  Le Moulin Rouge accueille notamment : Charles Aznavour, Lauren Bacall, Ray Charles, Tony Curtis, Ella Fitzgerald, Margaux Hemingway, Barbara Hendricks, Jerry Lewis, Jane Russell, Charles Trenet, Esther Williams.

Même si aujourd'hui, les revues et leur public ont changé de nature, le Moulin Rouge ne termine jamais un spectacle sans présenter un tableau de french-cancan.

 

EN VIDEO :


SOIREE AU MOULIN ROUGE
Les Actualités Françaises - 28/12/1954
 

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Valencia par Mistinguett (Lucien Boyer-Jacques Charles/José Padilla), Music Memoria, Salabert, 1925 / Ca c'est Paris par Mistinguett (Lucien Boyer-Jacques Charles/José Padilla), Chansophone, Salabert, 1925 / On m'suit par Mistinguett et Jean Gabin (Mistinguett-Léo Lelièvre fils/Fred Pearly-Pierre Chagnon), Chansophone, Salabert, 1928.
 

EXTRAITS AUDIO :

CARTE :

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