Murat, Jean-Louis

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1952) - Auteur, Compositeur, Interprète

Jean-Louis Bergheaud naît le 28 janvier 1952 à Clermont-Ferrand. Son père est menuisier-charpentier et sa mère couturière. Ses parents divorcent précocement. Jean-Louis est élevé par ses grands-parents paternels, dans une ferme à une quinzaine de kilomètres de La Bourboule. Il en conservera une fascination pour le monde paysan qui plus tard transparaîtra dans ses chansons. Dès l'âge de sept-huit ans, il commence à écrire des poèmes.

 

A la ferme, on n'écoute pas de musique. Par contre, sa grand-mère chante tout le temps. Son père joue du clairon, de la trompette et du cor à l'harmonie municipale. Vers 7 ans, Jean-Louis commence à apprendre le tambour, puis le cornet à piston et passe au saxophone ténor. Lors d'un séjour chez sa mère, il découvre à la radio Ray Charles et surtout "Like a rolling stones" de Bob Dylan. Vers 13 ans, sa rencontre avec un professeur d'anglais du collège de La Bourboule est déterminante. Jean-Louis prend l'habitude de faire ses devoirs chez lui. Par son intermédiaire, il découvre le jazz, le blues, la soul américaine, et va voir des concerts (John Lee Hooker, T-Bone Walker, Memphis Slim… ). Il se met également à lire, notamment André Gide. Grâce à ce professeur, il continue ses études contre l'avis de son père qui voulait qu'il devienne plombier après son certificat d'études. En seconde, au lycée de Clermont-Ferrand, il se lie d'amitié avec un américain de San Francisco et se familiarise avec l’œ uvre de Bob Dylan. Il en gardera une grande passion pour une certaine musique américaine, qui restera son influence majeure, notamment Leonard Cohen, Bob Dylan ou encore Neil Young. Côté français, il reconnaîtra plus tard apprécier Bourvil, Jean Ferrat et Léo Ferré. Après l'obtention de son bac de français en première, Jean-Louis se retrouve père à 18 ans. Il arrête ses études pourtant prometteuses et enchaîne les petits boulots pendant sept ans : plagiste l'été, moniteur de ski l'hiver, vendeur au porte à porte… De 1974 à 1977, il vit à Paris.

A 25 ans, il achète une guitare et descend à Clermont- Ferrand. Il décide de faire de la musique, et par le biais d'une petite annonce en 1977, il monte le groupe de rock Clara. Au début, il ne chante pas et se contente de jouer de la guitare. Progressivement, il se met à composer et à écrire et devient le chanteur du groupe. Par le biais d'une cassette, Clara donne un concert en 1980 au studio 22 de RTL. Remarqués par William Sheller, ils enregistrent en sa compagnie des jingles radio pour Europe 1. EMI propose un contrat, non pas au groupe mais à Jean-Louis. Clara se sépare et Jean-Louis Bergheaud prend le pseudonyme de Murat. Il sort un premier 45 tours, « Suicidez-vous, le peuple est mort » en 1981. La chanson commence à passer en radio. Mais suite à la tentative de suicide d’une jeune fille, elle disparaît des programmes. L’année suivante, il publie un album six titres intitulé Murat. En 1984 paraît Passions privées. Murat fait la première partie de Charlélie Couture durant l’été. Son disque ne se vend qu’à mille exemplaires et EMI lui rend son contrat. De 1984 à 1987, il continue d’écrire et fait de nombreux aller-retours Clermont/Paris pour essayer de trouver une maison de disques.

A la fin de l’année 1987, alors qu’il pense partir vivre en Australie, Virgin lui donne l’opportunité d’enregistrer un 45 tours à l’essai. « Si je devais manquer de toi », soutenu par le critique Bayon, lui permet pour la première fois d’obtenir un véritable succès public. Il est suivi en 1988, par « Le garçon qui maudit les filles ». En 1989, il publie Cheyenne Autumn, album qui dépassera les 100 000 exemplaires vendus. Musicalement, il opte pour des morceaux pop, aux arrangements synthétiques (« L’Ange déchu », « Te garder près de moi », « Le garçon qui maudit les filles », « Amours débutants »… ), sur des textes alliant poésie et mélancolie. En 1991, il chante en duo « Regrets » avec Mylène Farmer et surtout sort Le manteau de pluie. Bénéficiant de plus de moyens que le précédent (Neil Conti de Prefab Sprout à la batterie), d’arrangements plus fouillés, cet album n’en continue pas moins de proposer des morceaux pop (« Cours dire aux hommes faibles», « Sentiment nouveau », « Le lien défait », « L’Infidèle », « George profonde », « Col de la Croix- Morand »… ) mais également d’autres plus atmosphériques avec nappes synthétiques et bruits de la nature (« Je n’ai plus que toi, animal »). Les guitares sont un peu plus présentes, notamment sur « Le Lien défait », « Sentiment nouveau » et « Gorge profonde ». Murat participe en tant qu’acteur au film La vengeance d’une femme de Jacques Doillon.

Avec Vénus, sorti en 1993 et enregistré en huit jours dans la grange de sa ferme, il renoue avec ses influences américaines. Les guitares sont prépondérantes, et musicalement les morceaux sonnent plus folk (« Le monde caressant », « Rouge est mon sommeil »), ou pop-folk (« Tout est dit », « La fin du parcours », « Le matelot », « Par mégarde »). Pour la première fois depuis 1984, il remonte sur scène à l’automne 1993, passe à la Cigale à Paris en décembre et part en tournée avec Silvain Vanot en première partie. Cette série de concerts donne lieu à Live, premier enregistrement en public paru en 1995. L’Année suivante, Murat participe à Route Manset, album hommage à Gérard Manset (il reprend « Entrez dans le rêve »), et publie Dolorès. Avec ce disque réalisé avec des machines pendant une année entière, et donnant une nouvelle place aux claviers, Murat choisit de donner un climat différent à chaque chanson, tout en allant vers la concision au niveau des durées et des textes. Ceux-ci sont parfois empreints de tournures médiévales, à l’instar de « Perce-neige » (Murat a toujours aimé les chansons de troubadours du XIII ème siècle), et déclinent perte de l’être aimé et interrogations désabusées. Murat met également un poème de Baudelaire en musique (« Réversibilité »). Musicalement, il passe de morceaux pop (« Fort Alamo », « Le train bleu », « A quoi tu rêves »… ), à d’autres portés par une rythmique jazzy (Dieu n’a pas trouvé mieux »), ou mélangeant rythmique soul avec claviers jazzy et harmonica blues (« Saint-Amant »).

En 1997, il repart en tournée, seul sur scène, s’accompagnant à la guitare, avec Denis Clavaizolles, son fidèle collaborateur aux claviers. Cette série de concerts donnent lieu à un nouveau disque enregistré en public, Live in Dolorès, sorti en avril 1998. Au printemps 1999, Murat s’envole pour les Etats-Unis. Il y enregistre entre New York et Tucson (Arizona), un album aux accents folk-rock. Paru en août 1999, Mustango bénéficie de la collaboration du groupe Calexico, du guitariste Marc Ribot, du bassiste Harvey Brooks (collaborateur de Bob Dylan et de Miles Davis),d’Oren Bloedow et de Jennifer Charles du groupe Elysian Fields… Murat y mélange folk-rock (« Jim », « Polly Jean » en hommage à PJ Harvey), gospel (« Nu dans la crevasse »), folk (« Viva Calexico »), rock (« Les gonzesses et les pédés » ). Lors de la tournée qui suit en France, Belgique, Suisse et Québec, Murat s’entoure sur scène d’ordinateurs et de claviers. L’album live Muragostang, sorti en octobre 2000 en témoigne.

Au printemps 2001, Jean-Louis Murat surprend une nouvelle fois son public avec Madame Deshoulières, disque bâtit autour des textes d'Antoinette Deshoulières, femme de lettres du XVII ème siècle, avec la comédienne Isabelle Huppert au chant. Murat y mélange instruments baroques (clavecin, luth, viole de gambe) et sonorités actuelles des guitares et synthétiseurs. Le 26 mars 2002 paraît Le Moujik et sa femme, nouvel album studio de onze titres, enregistré en douze heures. Murat chante et y tient les guitares. Il est accompagné par Fred Jimenez, alors bassiste de A.S Dragon et Jean-Marc Butty à la batterie (collaborateur de PJ Harvey). Musicalement l’album se rapproche de Mustango, mélange folk et rock (« L’amour qui passe », « L’Au-delà », « Foule romaine », « Ceux de Mycènes », « Libellule », « Le tremplin »), et parfois lorgne du côté du blues (« Molly », « Vaison-la-Romaine »). En avril il reprend la route en trio, passant en concert dans une quinzaine de villes, notamment au Printemps de Bourges et à la Cigale à Paris. Il écrit et compose un « Un singe en hiver » pour Indochine (Paradize, 2002). Fin août 2003, soit un an et une poignée de mois après Le Moujik et sa femme, Murat sort son dixième album studio, Lilith. Ce nouvel opus contient 23 chansons (double CD ou triple album vinyle) enregistrées en quatre jours avec le fidèle Fred Jimenez à la basse et Stéphane Reynaud à la batterie et aux percussions. Côté collaborations, on note la présence de Stéphane Belmondo au bugle ("Le mou du chat"), de Camille et d'Armelle Pioline du groupe Holden aux choeurs ("Le Cri du papillon"...) et de Dickon Hinchcliffe et David Boulter de Tindersticks aux arrangements d'orgue et surtout de cordes ("Se mettre aux anges", "De la coupe aux lèvres", "Le mou du chat"). Murat chante, joue toutes les guitares, du bouzouki, de l'harmonica, du piano et autres claviers. Musicalement ce nouvel opus marque par sa diversité : il passe de morceaux rock aux guitares rageantes ("Les jours du jaguar", "Lilith", "Gel et rosée" dédicacé au regretté Dominique Laboubée des Dogs...) à d'autres plus folk rock ("Zibeline Tang", "Le mou du chat", Emotion"...), à une basse funky ("Le cri du papillon"), à des ballades lumineuses ("Se mettre aux anges", "La maladie d'amour", " De la coupe aux lèvres").

En automne 2003, il reprend la route pour 30 dates en trio, avec deux concerts de suite à la Cigale à Paris. Le 17 février 2004 paraît Parfum d'accacia au jardin, 13 chansons inédites interprétées au piano et à la guitare par Jean-Louis Murat avec ses deux musiciens habituels, Fred Jimenez (basse) et Stéphane Reynaud (batterie, percussions), secondés par Christophe Pie (guitare, claviers) et Camille (choeurs). Ce DVD live a été filmé en noir et blanc par Don Kent le 3 décembre 2003 aux Studios Guillaume Tell en banlieue parisienne. Le DVD contient un CD bonus de sept titres : cinq prises alternatives et deux inédits. Une nouvelle tournée française de 30 dates commence le même mois. Le 31 août 2004 sort A Bird on a poire, album signé à trois avec Fred Jimenez et Jennifer Charles. Murat est responsable des paroles qu'il interprète en duo avec Jennifer Charles d'Elysian Fields (déjà présente sur Mustango). Fred Jimenez son bassiste depuis Le Moujik et sa femme, a composé et arrangé ces douze morceaux pop. Murat et ses musiciens sont en tournée en octobre et novembre, avec 6 dates au Café de la danse à Paris (avec Jennifer Charles et Albin de la Simone aux claviers).

En mars 2005, Murat sort trois projets différents. Tout d'abord 1451, livre uniquement trouvable sur son site, qui propose un poème de mille vers, illustré par l'artiste. Un Dvd et un CD l'accompagnent sur lesquels Murat a enregistré le texte du poème. Deuxième projet, un nouvel album intitulé Moscou, orthographié en alphabet cyrillique sur la pochette. Ces 14 chansons ont une nouvelle fois été enregistrées avec les fidèles Fred Jimenez (basse, chœ urs) et Stéphane Reynaud (batterie, percussions). Murat se charge des guitares, claviers, joue de la mandoline, de la flûte, de l'accordéon et du vibraphone. Dickon Hinchliffe des Tindersticks s'occupe une nouvelle fois des arrangements de cordes sur trois morceaux. Marie-Jeanne Séréro en arrange quatre autres. Camille donne la réplique à Murat sur "L'amour et les Etats-Unis". Carla Bruni le rejoint sur trois titres, dont le duo "Ce que tu désires". Musicalement Moscou est très varié : ballades, folk, rock... La première chanson, "La fille du capitaine", est inspirée d'une nouvelle de Pouchkine. En lisant la correspondance de cet écrivain russe, Murat s'est piqué de curiosité pour le poète et chansonnier français Pierre-Jean de Béranger (1780-1857). Dans Moscou, il met en musique trois de ses textes : "La bacchante", "La fille du fossoyeur" et "Jeanne la rousse". 1829, troisième projet, propose 11 textes de Béranger interprétés par Jean- Louis Murat. Ces morceaux sont dans un premier temps téléchargeables sur www.jlmurat.com, avant une sortie prévue pour le 3 mai. Murat accompagné de ses deux musiciens reprend la route dès mars 2005. Il se produit au Théâtre Edouard VII à Paris les 4, 11 et 18 avril.

Taormina, nouvel album de Jean-Louis Murat est sorti le 28 août 2006 chez V2. Ces 12 nouveaux morceaux ont été composés et en partie enregistrés par Murat, chez lui, en compagnie de Stéphane Reynaud (batterie) et de Fred Jimenez (basse). Pour la première ces deux musiciens ont travaillé à partir de maquettes et non plus en écoutant le morceau interprété à la guitare par Murat. Les arrangements se concentrent sur la guitare qui revient avec un son puissant et chaud sur toutes les compositions. Murat réalise lui même l’album, avec comme ingénieur du son Aymeric Létoquart. Il s’est concentré sur 12 chansons et non pas le double comme à son habitude. Il a resserré les orchestrations et a essayé de se tenir à un style de sonorité pour ses six cordes, en ajoutant ça et là un piano, un Rhodes… Sa compagne Laure se charge des chœurs. S’en dégage une parfaite unité de ton. Murat a traversé une année sombre, marquée par la perte de deux proches (le bassiste de Clara, son premier groupe et la meilleure amie de sa femme). Le thème de la mort plane sur l’album (« Démariés », « Caillou », « La raie Manta », « Taormina »… ) L’Auvergne et un vocable paysager reviennent également au premier plan (« Accueille-moi paysage », « Le chemin des poneys », « L ‘heure du berger »), le tout ponctué par l’amour et sa quête (« Au dedans de moi », « Est-ce bien l’amour »… ) Musicalement ce qui frappe d’emblée à l’écoute de Taormina (nom d’une ville sicilienne bordée par l’Etna), c’est la texture blues des guitares : rock blues (« Caillou », « Accueille-moi paysage », sommet de l’album, « Maudits », « Billy »), blues mid tempo (« Le chemin des poneys », « Taormina »), pop mâtiné de blues (« Au dedans de moi »)… Le tout entrecoupé de magnifiques ballades à la guitare (« Démariés », « Est-ce bien l’amour ») ou au piano (« Gengis ») Ce disque exigeant est sans aucun doute le plus réussi depuis Lilith. Murat reprend la route à partir du 20 octobre accompagné de Stéphane Reynaud (batterie) et de deux musiciens d’AS. Dragon, David Forgione (basse) et Michaël Garçon (claviers). La tournée française (16 et 17 novembre à La Cigale, Paris) passe également par la Suisse et la Belgique.

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