Montéhus

Créé le 29 septembre 2010 |
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(1872-1952) - Auteur, Interprète

De son vrai nom Gaston Brunswick, il naît à Paris d’une modeste famille d’artisans du cuir le 9 juillet 1872. Il débute à 16 ans comme chansonnier lors d’un hommage à Louise Michel, dira-t-il, se situant d’emblée dans la mouvance révolutionnaire où il se tiendra aux heures de sa plus grande gloire. Après son service militaire, en 1897, il écrit son propre répertoire, chantant les peines du soldat et des gens modestes.

En 1901 (en pleine Affaire Dreyfus), il chante au prestigieux Ambassadeurs, ce qui déclenche un tollé : que fait ici ce Juif aux chansons incendiaires ? Sa carrière de "chanteur du peuple" est pleinement lancée. En 1902, Montéhus entre dans la franc-maçonnerie, où il restera jusqu’à la fin de sa vie, et se présente en indépendant de gauche aux législatives de Paris (il l’avait déjà fait à Châlons sur Marne, en 1898).

Peu à peu, il se radicalise, proche à la fois des anarchistes syndicalistes et des socialistes. Il adhérera à la SFIO après la guerre, et s’y maintiendra. Anticléricalisme et antimilitarisme, défense ardente des ouvriers, des paysans et des miséreux, des femmes y compris féministes, seront les thèmes de ses chansons et pièces percutantes. Parmi ses chansons, retenons : "Un vrai croyant" (musique de Raoul Chantegrelet et Saint-Cyr, 1901), "Le Père la révolte" (musique de Raoul Chantegrelet et Henri Jegu, 1904), "La grève des mères" (musique de Raoul Chantegrelet et Pierre Doubis, 1905), "On n'devrait pas vieillir" (musique de Raoul Chantegrelet, 1906), "Morale à la débauche" (musique de Chantegrelet et Pierre Doubis, 1906), "N'insultez pas les filles" (musique de Raoul Chantegrelet, 1906), "Gloire au dix-septième" (musique de Chantegrelet et Pierre Doubis, 1907), "Ils ont les mains blanches" (musique de Raoul Chantegrelet, 1910) et "Y'a qu'des honnêt's gens dans l'gouvernement" (musique de Chantegrelet, 1910).

En 1914, il se rallie à l’ Union sacrée et écrit des chansons tout ce qu’il y a de patriotique, ce dont, après la guerre, certains lui garderont rancoeur. Il reçoit la croix de guerre en 1918 pour ces chants patriotiques. En 1919, il revient à ses premières convictions. Il écrit en 1922 sur une musique de Georges Krier, son chef-d'oeuvre, "La butte rouge".

Montéhus continue à se produire avec succès, dans ses propres pièces surtout, ses chansons politiques restant une constante de toutes les manifestations.

Il doit se cacher pendant la Seconde Guerre mondiale. À la Libération, il crée "Le chant des gaullistes" et plusieurs drames dont "L'évadé de Büchenwald". Il écrit et militer jusqu’à sa mort en 1952. Nombreux hommages lui seront rendus au Père-Lachaise, où on chantera "L’Internationale", "Gloire au dix-septième" et "La jeune garde". Le socialiste Ramadier écrira à sa mort : "Ce gamin de Paris, rieur et railleur, était pénétré de socialisme romantique, de tradition révolutionnaire. Par là dessus, il faisait passer un souffle qui faisait flamber les couleurs et tressaillir les cœurs".

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