Emer, Michel

Créé le 10 juin 2013 |
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(1906-1984) - Auteur, compositeur

Michel Emer naît à Saint-Pétersbourg en Russie le 19 juin 1906. Sa famille arrive en France après la Révolution d'Octobre de 1917. Il devient pianiste de jazz à l'âge de 17 ans. En 1928, il joue avec sa formation à L’œil de Paris. L’année suivante, il passe à l’Arrêt Facultatif. En 1930, il joue dans l’orchestre de Sacha de Horn à La Jungle… Il continue de jouer dans différents orchestres de jazz (dont celui d’André Ekyan), tout au long des années 30. Il accompagne d'ailleurs Django Reinhardt au piano sur plusieurs enregistrements en 1933. 

En parallèle, il est pianiste de cabaret et commence à écrire et à composer des chansons. Dès 1932, Jean Sablon interprète « Béguin-biguine » (Jamblan/Michel Emer). L’année suivante, Lucienne Boyer crée « J’ai laissé mon cœur » (André Mauprey/Michel Emer). Elle interprètera également « Nuits blanches » (Paul Farge/Michel Emer, 1933) et « Dites-moi Je vous aime » (Pierre Bayle/Michel Delettre-Michel Emer, 1934). Eliane De Creus et Jean Sablon créent l'opérette Dix-neuf ans au Théâtre Daunou, qu'il orchestre, suivie de Loulou et ses Boys, qu'il compose. En 1935, Marie Dubas enregistre "On ne sait pas qui l'on est" (Jean Delettre/Michel Emer).

Michel Emer cosigne en 1936 la musique de « Y a d’la joie » avec Charles Trenet, qui au départ est chantée par Maurice Chevalier. Ce dernier enregistre en 1937 « Vous et moi » (Maurice Hornez/Michel Emer). Les grandes vedettes de l’époque commencent donc à l’interpréter : Annette Lajon « Au p'tit bonheur », Ray Ventura « Barbe Bleue », Lys Gauty « Presque rien » (J. M. Huard/Michel Emer, 1937), Reda Caire « Quand un petit oiseau » (Roger Fernay/Michel Emer, 1938) ou encore Fréhel avec « Ohé les copains » (Michel Emer/Michel Emer, 1939)… A partir de l’automne 1938, il travaille avec son orchestre de douze musiciens à Radio-Cité, dans différentes émissions.

En février 1940, 48 heures avant le passage d'Edith Piaf à Bobino, il la rencontre chez elle et lui propose une chanson qu’il a écrite et composée pour elle, après avoir écouté la retransmission sur Radio-Cité de son tour de chant à L’Etoile. Edith Piaf le connaît un peu mais pour elle : « …Michel Emer, c’était les fleurs, le ciel, les petits oiseaux » comme elle le racontera plus tard... Elle lui demande de repasser dans un mois. Il lui explique qu’il vient d’être mobilisé et que son train part le soir même. Elle lui donne dix minutes. Michel Emer s’assit au piano et lui interprète « L’accordéoniste ». Edith Piaf se rend compte très rapidement qu’elle veut être la première à la chanter. Les paroles expriment ce qu’elle ressent et le final (« Arrêtez, arrêtez la musique ») est à ses yeux une trouvaille extraordinaire. Elle interprète « L’accordéoniste » lors de sa première à Bobino. Ce succès restera vingt ans à son répertoire. Mais pour l’heure, le caporal Emer est mobilisé. Puis la guerre éclate…

Menacé par les lois antisémites, Michel Emer est contraint de se cacher dans le sud de la France, à Nice et à Marseille notamment. Il accompagne Renée Lebas, pour laquelle il a écrit et composé « De l’autre côté de la rue » (Edith Piaf va également la chanter), en concert à Cannes en 1941. En 1942, il rencontre Edith Piaf à Marseille. Celle-ci, le sachant en difficultés financières, convainc le représentant local des éditions Paul Beuscher de lui verser une avance de droits d’auteurs en remerciement des nouvelles chansons qu’il a écrites pour elle. Michel Emer s’exile ensuite en Suisse, tout comme Renée Lebas.  

A la Libération, il reprend son activité d’auteur compositeur. Il écrit pour Edith Piaf et cela jusqu’à sa mort plus d’une vingtaine de chansons : « Le disque usé » (Michel Emer/Michel Emer, 1942), « Je m’en fous pas mal » (Michel Emer/Michel Emer, 1946), « Le geste » (Michel Emer/Michel Emer, 1947), « Monsieur Ernest a réussi » (Michel Emer/Michel Emer, 1947), « Qu’as-tu fait John ? » (Michel Emer/Michel Emer, 1947), « Monsieur Lenoble » (Michel Emer/Michel Emer, 1948), « Monsieur X » (Roger Gaze/Michel Emer, 1948), « Cousu de fil blanc » (Michel Emer/Michel Emer, 1948), « Bal dans ma rue » (Michel Emer/Michel Emer, 1949), « La fête continue » (Michel Emer/Michel Emer, 1950), « La rue aux chansons » (Michel Emer/Michel Emer, 1951), « Télégramme » (Michel Emer/Michel Emer, 1951), « Monsieur et Madame » (Michel Emer/Michel Emer, 1952), « Jean et Martine » (Michel Emer/Michel Emer, 1953), « Et moi » (Michel Emer/Michel Emer, 1953), « N’y vas pas Manuel » (Michel Emer/Michel Emer, 1953), « Sœur Anne » (Michel Emer/Michel Emer, 1953), « Toi qui sais » (Michel Emer/Michel Emer, 1956), « Une dame » (Michel Emer/Michel Emer, 1956), « Et pourtant » (Pierre Brasseur/Michel Emer, 1956), « A quoi ça sert l’amour » (Michel Emer/Michel Emer, 1962) et « J’en ai tant bu » (Michel Emer/Michel Emer, 1963). 

En 1945 et 1946, il dirige l’orchestre du cabaret parisien le Club des Cinq.

Ses chansons ont également été interprétées par Jacques Hélian (« Paris-Tour-Eiffel », 1945), Tino Rossi (« Ton mariage », de Jessie Mae Robinson, adaptation Michel Emer, 1955), Luis Mariano (« Lima », paroles Michel Emer et Francis Blanche), Patachou (« C’est ma chanson », 1966), André Claveau (« Fou de vous », paroles de Max François, 1950), Yves Montand (« Ainsi va la vie », 1946, « Il chantait tout le temps », 1946, « Rue Lepic », paroles de Pierre Jacob, 1951), Odette Laure (« Moi je tricote »), Robert Lamoureux (« Chacun son tour »), Mouloudji (« Belle enfant »), Marcel Amont (« La photographie », paroles de Georges Coulonges, 1956), Philippe Clay (« Quatorze juillet », paroles de Pierre Jacob), Les Compagnons de la Chanson (« N'oubliez pas ma chanson »), Simone Langlois (« Premier mai »), Nicole Croisille (« Si tu partais », 1969)…

En 1954, Michel Emer épouse la comédienne Jacqueline Maillan. D’un premier mariage, il a deux enfants, un garçon et une fille prénommée Laurence. Il compose la musique de plusieurs pièces et spectacles dans lesquels joue Jacqueline Maillan : Chocolat show (1954), Le Chinois (1958), Gog et Magog (1959), Sacré Léonard (1963), La Royale performance (1973), Féfé de Broadway (1977) et J’ai deux mots à vous dire (one woman show, 1984). Elle interprète également des chansons « d’humour » qu’il compose et écrit spécialement pour elle comme : « Bergerette », « Le film usé », « Charnelle », « Fleur de Banane », « Service militaire »…

On doit aussi à Michel Emer, plusieurs musiques de films dont celles de Chacun son tour (André Berthomieu, 1951), Escapade (Ralph Habib, 1957) ou encore Madame et son auto (Robert Vernay, 1958).

Michel Emer est décédé à Neuilly-sur-Seine le 23 novembre 1984. 

 

Le 3 avril 1954, au cours de l'émission "La joie de vivre",
Edith Piaf interprète "L'accordéoniste" de Michel Emer :

 

Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

L'accordéoniste par Edith Piaf (Michel Emer / Michel Emer), EMI Music France, SEMI, 1940 / Le disque usé par Edith Piaf (Michel Emer / Michel Emer), EMI Music France, Beuscher, 1942 / Je m'en fous pas mal par Edith Piaf (Michel Emer / Michel Emer), EMI Music France, Masspacher, 1946 / La fête continue par Edith Piaf (Michel Emer / Michel Emer), EMI Music France, Beuscher, 1950 / A quoi ça sert l'amour par Edith Piaf et Théo Sarapo (Michel Emer / Michel Emer), EMI Music France, Beuscher, 1962


EXTRAITS AUDIO :
 

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