Aznavour, Charles

Créé le 29 septembre 2010 |
Mots clés :

(1924) - Auteur, Compositeur, Interprète

Né le 22 mai 1924 à Paris dans une famille d'émigrés arméniens, il monte très tôt sur les planches, et interprète plusieurs rôles d'enfant au théâtre. Vivant de petits métiers pendant la guerre, il rencontre Pierre Roche, un pianiste, avec qui il forme le duo Roche et Aznavour ; le premier compose, le second écrit les textes.

Le duo se produit dans les cabarets parisiens, dans un répertoire plutôt fantaisiste : « Le feutre taupé » ou « J'ai bu » qui, chanté par Georges Ulmer, remporte le Grand Prix du Disque en 1947.

Début 1947, Pierre Roche et Charles Aznavour interprètent trois chansons pour une émission de radio, salle Washington, rue Washington à Paris. Edith Piaf et Charles Trenet qui passent en fin de programme sont assis au premier rang. Edith Piaf applaudit la première, entraînant avec elle la salle entière. Après l'émission, elle invite le duo à passer chez elle. Charles Aznavour et Pierre Roche s'y rendent. Sont présents dans l'appartement de la chanteuse de nombreux proches parmi lesquels Marguerite Monnot, Henri Contet et Michel Emer. Edith Piaf invite Charles Aznavour à danser une valse à l'envers. Charles Aznavour est dans son élément et pendant un quart d'heure, Pierre Roche étant au piano, il danse avec Edith Piaf. Entre eux le courant passe très vite. Il dira plus tard au sujet de cette rencontre : "... Et c'est de là que tout est parti. Elle s'est rendu compte que nous avions eu, à un moment de notre vie, le même cheminement. Alors cela nous a rapprochés. Nous étions d'un coup un îlot au milieu de gens qui n'avaient pas connu cette vie-là". Le lendemain, elle propose à Charles Aznavour que le duo parte en tournée avec elle. Roche et Aznavour passent en lever de rideau, avant les Compagnons de la chanson et Edith Piaf. Ils se produisent ainsi dans le nord de la France, en Suisse et en Belgique.

En septembre 1948, Roche et Aznavour rejoignent Edith Piaf à New York. Sur sa recommandation ils sont engagés au Quartier Latin, une boîte de Montréal. Ils y restent un mois entier. Ils trouvent ensuite un engagement au Café Society Downtown à New York. Après cinq semaines, ils n'ont plus d'autres propositions. Retour à Montréal où ils débutent au Faisan Doré. Leur succès est tel qu'ils s'y produisent pendant quarante semaines, avec onze spectacles hebdomadaires... Pierre Roche se marie avec une québécoise. Il décide d'abandonner en 1950 le duo qu'il forme avec Charles Aznavour et reste au Québec.

De retour à Paris, Charles Aznavour est incorporé au programme de la tournée d'été 1950 d'Edith Piaf comme chanteur et régisseur. Elle l'encourage à se produire seul. C'est ce qu'il fait en première partie d'Edith Piaf ou dans des cabarets parisiens, comme l'Echelle de Jacob, sans rencontrer le succès. Son physique et sa voix « enrouée » lui attirent parfois des sarcasmes.

S'il n'est pas reconnu comme interprète, il n'en poursuit pas moins une carrière d'auteur : pour Edith Piaf, il a écrit :  "Il pleut" (Charles Aznavour/Pierre Roche, 1948), "C'est un gars" (Charles Aznavour/Pierre Roche, 1950), "Il y avait" (Charles Aznavour/Pierre Roche-Charles Aznavour, 1950), "Rien de rien" (Charles Aznavour/Pierre Roche, 1951), "Une enfant" (Charles Aznavour/Robert Chauvigny-Charles Aznavour, 1951), "Je hais les dimanches" (Charles Aznavour/Florence Véran, 1951 - refusée par Edith Piaf, c'est Juliette Gréco qui l'interprète et obtient avec le Grand Prix du concours de Deauville. Furieuse, Edith Piaf se décide à l'enregistrer...), "Plus bleu que tes yeux" (Charles Aznavour/Charles Aznavour, 1951) et "Jezebel" (Wayne Shanklin/Wayne Shanklin - adaptation des paroles Charles Aznavour, 1951).

Charles Aznavour est également interprété par Eddie Constantine (« Et bâiller et dormir », « Je t'aime comme ça »), Philippe Clay (« Le Noyé assassiné »), Juliette Gréco (« Je hais les dimanches ») ou Gilbert Bécaud (« Donne-moi », « Viens », « Je veux te dire adieu »).

C'est en 1953 qu'il entrevoit un succès d'interprète avec « Sur ma vie » confirmé en 1954 par un passage à l'Olympia puis à l'Alhambra, sur la scène duquel il crée « Je m'voyais déjà ». Sa carrière d'interprète est lancée. Elle le mène d'un premier passage en vedette à l'Olympia en 1957 à un triomphe au Carnegie Hall de New-York en 1963, ou à un récital marathon en 1965, encore à l'Olympia.

Il poursuit parallèlement une carrière d’acteur au cinéma : en 1958, il joue dans "Les dragueurs" de Jean-Pierre Mocky et "La tête contre les murs" de Georges Franju, qui lui vaut le prix d'interprétation masculine du cinéma français. En 1960, on le retrouve dans "Tirez sur le pianiste" de François Truffaut. Au cours de l’été 1965, entre deux séries de concerts, il tourne "Paris au mois d'Août", de Pierre Granier-Deferre (il interprète la chanson titre, sur une composition de Georges Garvarentz).

Il ne cesse jusqu’à aujourd’hui d’alterner les rôles au cinéma et à la télévision. Il continue à écrire pour les autres : « Retiens la nuit » en 1962 pour Johnny Hallyday, « La Plus belle pour aller danser » en 1964 pour Sylvie Vartan, « Un Mexicain » en 1962 pour Marcel Amont... Il écrit et interprète une suite de succès : « Les Comédiens » (1962), « La Mamma » (1963), « For me formidable » (1964), « La Bohème » (1966), « Emmenez-moi » (1968), « Comme ils disent » (1973), « Mes emmerdes » (1977)...

Un bon nombre de chansons sont issues de sa collaboration avec le compositeur Georges Garvarentz, également son arrangeur et son beau-frère : « Rendez-vous à Brasilia » (1960), « La Marche des anges » (1961), « Donne tes seize ans » (1963), « Paris au mois d'août » (1966), « Les Plaisirs démodés » (1972), « Nous irons à Vérone » (1973), « Pour toi Arménie » (1989).

Sa technique vocale, dans la tradition du swing retenu des crooners, le timbre de sa voix et, sur scène, une parfaite maîtrise des gestes, apportent une sensualité supplémentaire à un répertoire qui joue des émotions du quotidien. Devenu une des rares vedettes françaises de renommée internationale, c'est avec Liza Minnelli qu'il investit le Palais des Congrès en 1991. Dernier hommage à celle qui lança sa carrière, il enregistre en 1997 un « duo » en mêlant sa voix à celle d'Edith Piaf sur une chanson qu'il avait écrite pour elle, « Plus bleu », et qui fait l'ouverture de son récital au Palais des Congrès.

Il monte une comédie musicale sur la vie du peintre Toulouse-Lautrec, à Londres, en avril 2000. En octobre, il sort un disque, Aznavour 2000, constitué de douze nouvelles chansons, et entame ce qui est présenté comme sa dernière tournée, après être resté sur la scène du Palais des Congrès à Paris, du 24 octobre au 17 décembre. En décembre 2003 paraît Je voyage, album réalisé avec la complicité du pianiste Yvan Cassar. Il interprète la chanson titre en duo avec sa fille Katia. Il fête ses 80 ans sur la scène du Palais des Congrès à Paris, du 16 avril au 22 mai 2004. Il ne cesse depuis de se produire en France, Europe et Amérique du Nord, mais de façon plus sporadique (plus de grandes tournées). En 2007, il sort un disque enregistré à Cuba intitulé Colore ma vie. Deux années plus tard paraît Charles Aznavour and The Clayton Hamilton Jazz Orchestra, dans lequel il reprend dans des versions jazz ses chansons telles "La bohême" ou encore "Comme ils disent". Son dernier album en date, Aznavour toujours, est sorti en 2011. 



Crédits des chansons à écouter ci-dessous :

Il pleut par Edith Piaf (Charles Aznavour / Pierre Roche), EMI Music France, Sidomusic, 1948 / C'est un gars par Edith Piaf (Charles Aznavour / Pierre Roche), EMI Music France, Raoul Breton, 1950 / Il y avait par Edith Piaf (Charles Aznavour / Pierre Roche-Charles Aznavour), EMI Music France, Raoul Breton, 1950 / Rien de rien par Edith Piaf (Charles Aznavour / Pierre Roche), EMI Music France, Beuscher, 1951/ Une enfant par Edith Piaf (Charles Aznavour / Robert Chauvigny-Charles Aznavour), EMI Music France, Raoul Breton, 1951/ Plus bleu que tes yeux par Edith Piaf (Charles Aznavour / Charles Aznavour), EMI Music France, Raoul Breton, 1951


EXTRAITS AUDIO :
 

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