Sur la route du succès PDF Imprimer Envoyer
Il signe un contrat solo avec EMI/Pathé-Marconi, enregistre le morceau Suicidez-vous le peuple est mort. On va faire un saut de quelques années avec un tube radio de la fin des années 1980, L'ange déchu.

L'ange déchu par Florent Marchet (voix, guitare) et Olivier Nuc (guitare)



Vous vous souvenez tous de cette chanson qui a été un grand succès. Son premier tube a été Si je devais manquer de toi, en 1987, que Murat joue encore en concert aujourd'hui. C'était un peu le morceau de la dernière chance. Entre 1981 et 1987, il y a eu plusieurs tentatives. En 1982, il signe un premier mini album 6 titres, qui ne marche pas du tout. Mais Pathé le met en contact avec Manset, qui est chez eu depuis 1968. Manset est une influence énorme pour toute une frange du rock et de la chanson française (Bashung, Christophe, Murat, Dominique A).

Manset le prend de haut et lui donne des conseils. "Je te fous derrière un micro avec ta guitare, tu me fais tes chansons et je vois ce que je peux en faire." C'est une manière de parler qui ne plaît pas à Murat. Le rendez-vous sur les Champs-élysées est abrégé. Murat dira : "Je n'ai pas aimé sa façon de regarder les filles." Il lui rendra pourtant hommage des années plus tard sur l'album de reprises Route Manset, aux côtés de Bashung, Dick Annegarn ou Brigitte Fontaine.

En 1984 paraît son premier album, Passions privées. On y remarque la Chanson Johnny Frenchman, qui est une réponse à Elvis Costello qui disait que les Français étaient minables musicalement. Les ventes sont très faibles. "Pathé en avait pressé 1500. Couture m'a appelé et j'ai fait une tournée d'été en première partie." Il effectue une tournée estivale en première partie de Charlélie Couture.
La maison de disques lui rend son contrat pendant la tournée, au moment où les choses auraient peut-être pu enfin décoller. La presse n'a pas suivi. La seule chronique de l'album est due à Anne-Marie Paquotte, qui écrit dans Télérama tout le bien qu'elle pense de ce jeune artiste. Murat dit aujourd'hui qu'il aurait peut-être abandonné la musique s'il n'y avait eu cette chronique. Alors merci Anne-Marie, que je voudrais saluer ici.

Il continue d'écrire et d'enregistrer dans les années 1985-1986, notamment pour le label CBS, auquel il livre vingt titres dont Si je devais manquer de toi, mais rien n'aboutit. Il effectue à cette époque de fréquents allers-retours entre Paris et Clermont-Ferrand en auto-stop. Il est parfois découragé. En 1987, il signe avec Virgin pour le 45 tours de la dernière chance, alors qu'il envisageait de s'installer en Australie. Un article de Bayon dans Libération, paru le 15 février 1988 le place d'emblée au niveau des Manset, Christophe et Bashung.

Un deuxième 45 tours, Le garçon qui maudit les filles, installe auprès du grand public ce beau brun ténébreux aux yeux bleus qui raconte le désordre amoureux. L'album Cheyenne Autumn devient rapidement disque d'or. Le titre est un clin d'oeil à John Ford et une référence au western qui est une constante dans son inspiration. Le son est très synthétique. Les textes sont mélancoliques et poétiques. Il travaille en équipe réduite, avec le musicien Denis Clavaizolle et l'ingénieur du son Christophe Dupouy, dans une complète autonomie de production.

Il enregistre en 1991 le duo Regrets avec Mylène Farmer. Ce disque continue de chagriner les esprits grognons plus de quinze ans après. C'est le premier d'une longue série de duos avec des chanteuses. Murat adore donner la réplique à des femmes : en 2005, il a enregistré Ce que tu désires en duo avec Carla Bruni. Il chantera avec Camille, Armelle Pioline du groupe Holden, Jennifer Charles du groupe Elysian Fields.