Johnny le Caméléon Imprimer
Parce qu'il n'a pas d'oeuvre personnelle à défendre (il a peu composé et écrit), il est un formidable interprète des chansons des autres. Pas un courant ne lui échappe, il est caméléon, suscite des modes sans s'y arrêter, mieux que ses concurrents, il est en accord avec son époque.
Les dizaines d'adaptations en français des succès anglo-américains, les parures du moment, les personnages du rock qu'il incarne, tout est crédible : il passe des Beatles à Tony Joe White, de Bob Dylan à Otis Redding, il est Elvis, pleure La Petite Fille de l'hiver, évoque les paradis artificiels, se métamorphose en James Brown (Confessions) avant de se parer des fleurs « peace and love » . Longtemps, les auteurs-compositeurs ayant travaillé pour Hallyday ont effacé les frontières entre l'homme fantasmé - par eux - et la personnalité caméléon de leur interprète. Ainsi, il partagea l'amour de l'Amérique avec le journaliste Philippe Labro, journaliste, romancier, cinéaste, patron de RTL, cheville ouvrière de l'ascension de Johnny, qui a commencé d'écrire des chansons pour lui dès 1969 (Jésus-Christ est un hippie ).
A toute vitesse, il est à l'affût des nouveautés, de l'air du temps, mélangeant tout parfois, réagissant au quart de tour. Parfois, il s'implique, il va jusqu'à écrire des mots et de la musique, en réaction contre Antoine par exemple, qui l'avait cherché dans ses Elucubrations...

Les Elucubrations (extrait 30s), par Rachel des Bois



Cheveux longs idées courtes (extrait 30s), par Rachel des Bois



Le chanteur belge Ferré Grignard l'accuse de plagiat, mais la vérité est que Johnny sait profiter de tout pour nourrir sa musique et ses légendes.
Cependant, à partir du milieu des années 1970, gros problème : Hallyday ne peut plus emprunter les dernières voies du rock : les paillettes et la décadence morbide de David Bowie ou Lou Reed, le disco, le punk.