Johnny, Dieu des Stades Imprimer
1998 sera l'année du Stade de France, enfilade de tubes sur fond de gigantisme. Ces grands shows à l'américaine permettent de réviser en choeur les tubes d'hier. Ils offrent à un destin inespéré : dieu des stades.

Johnny a souffert, et la France aime les histoires, les vies remplies. Elle s'attache à Johnny comme à Jacques Chirac pour leur longévité, leur résistance physique. Après avoir confessé sa descente aux enfers de l'alcool pour cause de blessure amoureuse, le chanteur Renaud fédère à nouveau les foules en 2002, à une époque de sa carrière qui n'est certainement pas la plus créative. Aux stars riches et célèbres, la France préfère les maudits et les flambeurs.

D'ailleurs, Hallyday est une sorte de boxeur en combat, superstitieux, flambant. Le summum, à ce chapitre, demeure 4 septembre 1998. La France vient de remporter la coupe du monde de football, tout le monde est heureux.

Mais le 4 septembre, jour de la première, il pleut, les câbles électriques sont noyés sous les trombes d'eau. Sur la pelouse, la route-décorum où Johnny devait faire une démonstration de moto sauvage sur la pelouse prend des allures de patinoire. Avec ce ciel bouché, adieu pyrotechnie, filin, hélico. Le concert est annulé. Les deux suivants sont un triomphe.