La plus belle des leçons PDF Imprimer Envoyer
Bashung, l'âge classique, une position avec laquelle il n'est pas toujours très à l'aise. Il a grandi en Alsace et pour lui les Shadows sont plus importants que Fréhel. Il a fait ses classes sur les bases américaines de l'Otan en Allemagne, croisant les Four Tops ou Roy Orbison. Il écoutait les tubes anglo-saxons à la radio avant de connaître la variété. Né à Paris, il a grandi en Alsace chez sa grand-mère, dans un petit village de 800 habitants où il est considéré comme un bâtard. Sa mère est ouvrière chez Renaud et son beau-père boulanger. Dans son village (Wingersheim, capitale du houblon), après la guerre, sa grand-mère lui disait de ne pas aller parler aux Juifs d'en face. Il disait « quand on a traversé ça on n'a plus peur de rien ». C'est la ligne de conduite à laquelle il est resté fidèle tout au long de sa carrière.

Alain Bashung s'en est allé le 14 mars dernier, à l'âge de 61 ans. Malgré la maladie qui lui déchirait le corps, il aura consacré la dernière année de sa vie à aller à la rencontre de son public, multipliant les concerts sans s'économiser. Il faut se souvenir en particulier de son passage à Saint-Jean d'Acre il y a un an tout juste. A sa mort, les hommages sont unanimes. Alain bashung sera devenu un chanteur populaire sans rien sacrifier de sa particularité, et c'est peut-être la plus belle des leçons qu'il ait pu donner.

Merci

Angora (extrait 30s), par Joseph d'Anvers