Pourquoi "La nuit je mens" ? PDF Imprimer Envoyer
Bonjour. Je vais vous demander de vous projeter quelques années en arrière. En 2005 exactement, pendant la cérémonie des Victoires de la Musique. Cette année-là, on célébrait les 20 ans des Victoires. Un vote du public a décerné la Victoire du meilleur album des 20 dernières années à Alain Bashung pour le disque Fantaisie Militaire. Ce soir-là, Alain Bashung est apparu en costume noir et lunettes noires, une cigarette entre les doigts. Il est monté sur scène, accompagné par un orchestre et il a interprété cette chanson qui est un classique de la chanson française, avec laquelle je vous propose de commencer.

La nuit je mens (extrait 30s), par Joseph d'Anvers



Pourquoi commencer cette conférence par une chanson récente ? Tout simplement parce qu'il nous a semblé, en préparant cette conférence, que celle-ci, qui figure sur l'album Fantaisie militaire, résume le mieux Alain Bashung. Lors de sa dernière tournée, en 2008, avec notamment un passage remarqué ici, aux Francofolies, il s'agissait du titre le plus applaudi pendant les concerts. Peut-être parce que Fantaisie militaire est le point de convergence entre les multiples obsessions qui nourrissaient Bashung depuis le début de sa carrière. Nous allons nous amuser à remonter le fil de ces obsessions.

Dixième album studio, Fantaisie Militaire est paru en janvier 1998, du nom d'une pièce musicale qui était jouée dans les squares à partir du XIXème siècle par des militaires. C'est un album réalisé par Ian Caple, un Anglais qui a travaillé avec Tricky, Tindersticks ou Deus. L'ingénieur du son de ce disque est Jean Lamoot, qui va prendre du galon avec l'album suivant, L'imprudence. La patte Bashung, c'est de s'entourer de collaborateurs issus de milieux différents. Sur ce disque, on trouve le guitariste de Portishead, qui avait mis le trip hop à la mode, le bassiste de Talk Talk, groupe anglais qui a eu un grand succès avant de faire des choses plus expérimentales, et aussi les Valentins, qui ont consigné trois des chansons de l'album : La nuit je mens, Malaxe, Dehors.

Joseph raconte l'anecdote de Jean-Louis Piérot à propos de La nuit je mens.

Rodolphe Burger avait composé Samuel Hall sur un texte d'Olivier Cadiot qui disait « tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche mon garçon », une phrase que Bashung a dû en tendre beaucoup dans sa vie. On va s'apercevoir en effet qu'il a mis quinze ans à connaître le succès entre ses premiers disques avant de pouvoir vivre de sa musique et d'être reconnu.